define('WP_CRON_LOCK_TIMEOUT', 300); La discipline dans le développement de la personne | Ecole expérimentale

Ecrit le 17 Janvier 2009 par GG

La discipline dans le développement de la personne

Pendant l’apprentissage, les droits et les devoirs de la personne ne sont fixés ni de façon définitive, ni de manière égale pour chacun. C’est l’apprentissage qui permet de les faire évoluer. L’exemple le plus caractéristique est celui du nouveau né. Il a beaucoup de droits, mais aucun devoir. Par contre, sa survie et son développement dépendent des devoirs auxquels sont tenus tous ceux qui en sont responsables.

Parmi eux, il y a, à venir, le système éducatif. Pendant l’apprentissage de la vie, quel que soit son résultat, le droit d’être pris en charge est progressivement remplacé par le devoir d’autonomie.

Un des objectifs majeurs de l’enseignement. est en tout cas de fournir le plus d’autonomie possible. Ceci de manière à ce que la personne s’approprie au mieux la porté de ses droits, qui sont ses opportunités ; et à ce qu’elle puisse assumer également tous ses devoirs potentiels, qui représentent en réalité ses capacités.

Lorsqu’une compétence, ou un risque, n’est pas assumé, l’interdiction d’agir dans cette compétence, ou dans ce risque, permet dans un premier temps de protéger la personne. L’exemple de l’utilisation, chez l’enfant, du couteau pour manger illustre parfaitement cette idée. Trop d’autorisation peut le mettre en danger.

D’un plus large point de vue, la discipline protège la personne tout comme son environnement, que ce soit sur le plan physique, affectif, ou social. La discipline ne laisse pas de choix, elle impose et soumet. C’est pourquoi lorsqu’elle est excessive, elle peut aussi déresponsabiliser, parce qu’elle élimine toute occasion d’expérimenter pour apprendre à assumer.

La discipline est, d’une certaine façon, un moyen qui permet de simplifier la résolution d’un dysfonctionnement. Elle donne la priorité au bon déroulement global, en gardant le contrôle sur ce qui perturbe, mais sans prendre en considération le motif de cette perturbation. Dans ce cas, la personne ressent cette négligence comme une fatalité : la règle générale s’applique malgré les sentiments individuels d’injustice. Parmi ces sentiments, il y a, entre autres, celui de l’incompréhension de la règle. Il peut y avoir aussi celui d’être censuré. Car l’expression d’une insatisfaction représente en général, non pas l’agressivité qui la caractérise souvent, mais le bon sens même de la personne, à qui il manque en l’occurrence la justesse et la clarté dans la communication, pour signifier la perception d’une lacune pourtant effective.

Suite à cette négligence, le découragement et le désinvestissement vis à vis de la collectivité, de ses règles de fonctionnement, et finalement de son objet, sont une conséquence déplorable et parfois irréversible pour ces élèves. Lorsque les règles sont obéies sans être entendues, elles sont perçues comme des contraintes. Il en est de même pour le savoir, et pour les savoir-faire ou être. Lorsqu’au contraire ils sont en voie d’être considérés à travers le sens, la logique, ou l’opportunité qu’ils représentent, la motivation pour les approfondir devient plus largement possible.

Pour cheminer d’un fonctionnement disciplinaire à un fonctionnement par autonomie, des étapes intermédiaires sont indispensables. La pédagogie autour des devoirs y est élémentaire, elle a justement pour but de rendre accessible, non pas pour sa programmation, mais pour sa représentation, tout ce qui n’est pas encore assimilé. Ceci signifie que c’est l’élève qui est amené à élaborer sa définition du devoir, et même incomplète, cette définition appropriée implique au delà de sa prouesse intellectuelle, toute son appréhension de lui même et du monde.

Ainsi, tout au long des situations d’enseignement, ou dans l’établissement scolaire en général, il s’agit de ménager la discipline et la possibilité d’une appropriation pour les élèves.

Dans un projet centré sur la motivation des personnes, il est clair que l’autorisation, et à travers elle, la participation active de l’élève, devient un outil pédagogique. La discipline qui reste pourtant un garde-fous est donc l’objet d’une préoccupation particulière. Il est inconcevable en effet qu’elle disparaisse, au contraire.

Derrière chaque point qui doit y faire appel, il y a la nécessité, et l’occasion de l’apprentissage d’une autonomie : l’auto-discipline.

La participation de l’élève en tant que citoyen actif dans la vie pratique, éducative, et relationnelle, s’inscrit notamment dans cet apprentissage. Cette participation contient une double opportunité : l’affirmation de soi et de son libre arbitre, et l’implication dans le fonctionnement du système scolaire, qui représente la collectivité ; elle relègue à l’élève le droit d’élaborer le contenu et le cadre de ses devoirs vis à vis de ses aspirations et de ses besoins. La discipline est donc un domaine dans lequel l’élève a tout intérêt à intervenir.

Lui donner l’autorisation de cette participation signifie que son statut ne porte pas seulement sur l’enjeu d’un pouvoir face à son avenir, mais également sur un pouvoir immédiat dans le contexte présent, atténuant ainsi la portée de ses erreurs, et revalorisant l’opportunité durable de corriger sa perception et ses choix.

Après avoir autant entendu que la dignité des êtres humains est égale pour chacun, les épouvantables contradictions entre les discours et les faits n’ont mené qu’à anéantir toute crédibilité de l’idéologie égalitaire, il est urgent de mettre en place une tentative pour son application.

Les règles de vie fondées sur la démocratie, donnant un partage équitable des tâches, un droit constitutionnel dans l’établissement, et la liberté d’expression, respectent également les conditions fixées par la loi applicable à tout citoyen français. Le code civil et le code pénal existant restent donc les références de l’établissement scolaire. Néanmoins, bénéficiant d’une relative liberté dans la procédure, celui-ci garde le droit de définir lui même son système de prévention, de sanction, et d’accompagnement.

Dans le fonctionnement de l’enseignement, c’est le devoir d’information sur le droit des élèves, sur la justification des tâches et de la loi, qui constitue la première démarche à réaliser de la part de l’équipe éducative.

L’écriture d’un règlement intérieur, avec la participation des élèves, qui est semble-t-il une prolongation de ce système démocratique, occasionne cependant une inertie de fonctionnement. Lorsqu’il faut au mieux prendre en compte chaque personne, et que ces personnes sont nombreuses, la procédure visant à lui apporter des modifications présente un risque d’inefficacité, quand au rythme de son application.

La concordance des interventions, et la clarté des limites de non interventions prononcées par l’équipe d’encadrement sont garantes de l’équilibre nécessaire entre la discipline et la responsabilisation. L’accompagnement de l’équipe adulte pour permettre aux élèves d’exprimer les insatisfactions et les motivations, et d’agir selon une négociation directe entre l’élève et son cadre d’apprentissage, est le lieu non seulement de la reconnaissance de leur citoyenneté, il est aussi celui de sa véritable découverte appliquée.

Pour les élèves, un engagement prenant en compte leur ressenti, leur compréhension, leur capacité et leur volonté, est non seulement gratifiant, il est aussi constructif.

L’engagement de l’établissement scolaire vis à vis de la discipline, de ses moyens de mise en œuvre, et de son champ d’application, peut donner l’occasion d’une définition élargie de ses positions et de ses critères.

Le devoir d’information de l’école envers ses élèves portant également sur l’essence même de ces droits et devoirs, il s’agit en effet de revisiter l’inventaire et la structure qui ont servi à leur élaboration. Un travail approfondi sur tout ce qui justifie les droits et les devoirs à l’échelle d’un établissement, d’une nation, ou à l’échelle planétaire ne peut que révéler leur relativité en fonction d’un niveau de compréhension établi. Reconnaître les liens qui articulent entre eux le savoir, la conscience, et l’implication dans un système, est un moteur absolu pour développer la motivation dans l’apprentissage.

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