III - Les engagements de la communauté scolaire

Lors de la réunion inaugurale de l’école, résultant d’un accord tacite des participants pour y venir, se compose une communauté scolaire dont le contrat est un objectif de formation.

L’école nouvelle devra se sentir en partie responsable dans la réduction de la violence puisque sa vocation de formation l’engage auprès du marché de l’emploi où s’y noue ce lien social majeur : l’unité communautaire du travail.

La survie de cette école doit dépendre de ses propres actes. Dans le groupe fondé par l’école, la préoccupation immuable sera de s’organiser pour atteindre l’objectif de formation. Cet objectif ne sera atteint que si chacun des membres de la communauté scolaire reste constamment impliqué dans les termes du contrat. C’est pourquoi l’école nouvelle doit adopter le principe de fonctionnement le plus démocratique possible.

Toute la culture disponible peut aider à consolider les moyens de la citoyenneté : par exemple conduire à savoir saisir le présent et à prendre la parole, à avoir foi en la valeur sacrée de son existence et de son irremplaçable originalité.

1. Les enseignants

Il faudra absolument lutter contre toute inhibition face au savoir. Or, l’élève vient tel qu’il est d’une société où, probablement déjà, il a subi cette inhibition. L’objectif de l’enseignant est de rendre l’élève libre vis-à-vis du savoir et qu’il puisse assurer dans une complète autonomie son propre développement intellectuel et artistique.

L’enseignant, de par sa formation, sait quel est le système de fonctionnement global de sa science et évalue où l’élève en est sur le chemin de ce système. Sa première tâche est de déterminer si un choix personnel d’une recherche quelconque, formulé par l’élève, avance dans la direction de cette maîtrise. Ce qui doit à chaque instant conduire l’analyse de l’enseignant est de déterminer si telle ou telle voie de recherche dissout les inhibitions et libère l’esprit, si l’élève vit dans le sentiment de se dépasser ou de se développer sans cesse.
L’intérêt du travail autonome au sein d’une équipe au mode de fonctionnement extrêmement souple est de multiplier les opportunités de trouver toute forme d’écoute. Ainsi chacun doit s’attendre à se trouver parfois sollicité pour devenir une sorte de confident spontané. Il va de soi qu’il faut écouter et répondre dans la mesure de ses possibilités et que, parfois, la présence d’un psychologue est nécessaire.

Le but vital, la préoccupation principale de l’école est effectivement l’insertion sociale. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, l’école devra assurer une formation auprès des plus démunis. Si elle engage du personnel de service, il serait intéressant qu’elle aménage son emploi du temps pour lui offrir l’opportunité d’assurer sa promotion sociale. Il serait en effet paradoxal de croire en la promotion du savoir de tous, et contribuer à l’aliénation de ceux qui sont au service de l’école.

2. L’évaluation

La société sera toujours en droit de demander des comptes aux écoles financées par ses propres impôts. Pour l’évaluation de l’école, les professeurs devront accepter légalement la mesure, par un jury neutre et extérieur, de l’efficacité du dispositif pédagogique sur la base de tests d’entrée et de sortie effectués sur les élèves. Les examens nationaux seront également reconnus comme tests significatifs.

En ce qui concerne l’évaluation des élèves et de la discipline :

L’objectif consiste à obtenir des élèves un travail personnel, volontaire, autonome et un engagement motivé dans une dynamique intellectuelle et artistique commune.

Dans le dispositif pédagogique imaginé, une évaluation est possible à plusieurs niveaux : sur les projets, l’exposé individuel, le livre au propre, les problèmes posés, les jeux inventés, les représentations ; ce, dans toutes les matières. Le caractère néfaste d’une évaluation figeant l’élève dans une image hiérarchique sera atténué si celle-ci est établie sur la base d’une auto-évaluation discutée et concertée. Il n’en faudra pas moins que la note reste rigoureusement confidentielle, qu’elle appartienne au domaine strictement privé. Il serait envisageable que l’élève traduise sa différence par une note en accord avec le professeur, note dûment présentée comme contrainte sociale, comme aspect du principe de réalité.

3. La discipline

L’idéal serait que les élèves adhèrent volontairement au cadre offert par le dispositif pédagogique. Mais il ne faut pas oublier que certains élèves viennent à l’école déjà avec une inhibition vis-à-vis du savoir. En conséquence, peut-être faudra-t-il parfois devenir plus incisif. C’est à ce sujet qu’il faudra le mieux composer : trop de discipline sera le signe que l’école fonctionne mal comme lieu festif et libérateur du savoir ; une certaine discipline sera éventuellement nécessaire pour améliorer ce fonctionnement.

Les élèves disposeront d’un lieu de réunion (sans la participation des adultes). Leur emploi du temps leur permettra des réunions-débats, afin de parler ouvertement et entre-eux de leurs problùmes, d’échanger des idées et des propositions. Ces assemblées donneront lieu à des votes. Le résultat des débats sera présenté au Grand Conseil de l’établissement.

4. L’administration

Le travail administratif sera partagé entre les enseignants. Il sera inclus dans le volume horaire dû par chacun.

Les transports scolaires devront ъtre organisés en harmonie avec les horaires de l’établissement.

Le service de restauration devra permettre aux élèves de gérer facilement leur pose repas et ne sera pas une contrainte pour leur choix d’atelier.

5. Le site, généralités

Donner une image gratifiante du savoir suppose des écoles d’une architecture particulière, où les sites recueillant l’information et les efforts de recherche occupent une position privilégiée.

L’acquisition du savoir doit s’offrir à tous ceux dont l’élève attend une reconnaissance : ses camarades, ses parents , ses professeurs et tout environnement humain. L’espace modulable prévoit cette représentation ; il permet de créer des spectacles, d’organiser des expositions, de mettre en place des vitrines, d’échanger en forum, de jouer de façon collective et d’inviter le public le plus divers. Cet espace ne saurait se limiter à l’école. Il serait bon que cette représentation puisse le plus souvent s’inscrire dans la communauté extérieure en y utilisant les sites de spectacle et d’exposition. Il serait également intéressant que l’école accède à une vocation éducative auprès de cette communauté, qu’elle ne soit plus une annexe de la société, mais qu’elle participe entièrement à ses œuvres.

Lors de la construction, certains espaces seront laissés dans leur état ” brut ” (pièces, parties de jardin) afin de servir de support aux ateliers et notamment aux activités manuelles (aménagements, décoration, jardinage, architecture, etc.)..

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